
Du 20 au 27 mars, les amateurs de cinéma algérien sont conviés à découvrir les derniers films réalisés dans le cadre de «Alger, capitale de la culture arabe 2007».
Sur les 80 projets annoncés au début de l’année 2007, ce sont 68 films qui seront présentés lors du Panorama du cinéma qui se tiendra à Alger du 20 au 27 mars courant. C’est ce qu’a annoncé, samedi dernier, au cours d’un point de presse, M.Aït Oumeziane, chef du département Cinéma au sein de «Alger capitale de la culture arabe 2007», lequel était accompagné de M.Benkamla, le directeur artistique de l’événement, qui, faut-il le rappeler, fut reporté à maintes reprises afin de permettre l’achèvement de tous ces films dont certains sont actuellement en finition soit le kinescopage en 35mm.
Ces derniers que le spectateur verra en avant-première donc, outre ceux déjà montrés au cours de l’année, sont La Dernière solution de Rachid Benallal, Le Voyage à Alger, de Abdelkrim Bahloul, qui seront diffusés le 25 mars, respectivement à 16h30 et 19h. Aussi, Archipel de sables de Ghaouti Bendedouche, La Chine est encore loin (ex-Poussières d’école) de Malek Bensmaïl, Mascarades, premier long métrage de Liès Salem et enfin Affaire d’hommes de Amine Kaïs Seddikioui qui seront projetés le 26 mars prochain, soit à 14h, 16h, 18h et 20h. Amine Kaïs présentera aussi le même jour à 15h30 un documentaire intitulé: Professeur Lahbib Benyekhlef et le Malg.
En tout, ce sont 33 films documentaires, 15 téléfilms et courts métrages et 20 longs métrages qui sont au programme de cette manifestation qui se veut être «Un bilan d’un événement exceptionnel, celui des productions réalisées avec le soutien et l’aide octroyée par "Alger, capitale de la culture arabe 2007". C’est aussi une autoévaluation à même de se préparer à l’organisation du Festival international du cinéma qui se tiendra au mois de novembre prochain, car il y va de l’image de marque de l’Algérie...», nous a-t-on indiqué. Notons que ‘‘Panorama du cinéma’’, organisé par le ministère de la Culture, se déroulera dans les 3 salles de cinéma qu’abrite l’espace Riadh El-Feth, à savoir ‘’Ibn Zeydoun’’ pour ce qui concerne les longs métrages, ‘’Cosmos’’ pour ce qui des téléfilms et courts métrages et enfin la filmothèque Mohamed-Zinet qui accueillera tous les documentaires. Evoquant la nature des aides, M.Aït Oumeziane fera remarquer que le film Morituri de Okacha Toutita (il sera projeté le 21 mars à 14h) a reçu l’aide à la finition, tandis que Vivantes de Saïd Ould Khelifa, l’aide à la production. Enfin Indigènes de Rachid Bouchareb, qui sera présenté à la clôture, en hors compétition, aura bénéficié de l’aide à la distribution. «Beaucoup ont fait leur film grâce à nous. L’aide avoisinait les 20 millions de dinars et parfois ça dépassait le milliard de centimes, sans parler du matériel octroyé. Or, il est bien stipulé que c’était juste une aide et aux producteurs de trouver le reste des financements.» S’agissant du film documentaire de Jean-Pierre Lledo, Histoires à ne pas dire précédemment appelé Ne reste dans l’oued que ses galets, M.Aït Oumeziane est catégorique: «Ce film ne passera pas, le contrat avec le producteur Serge Lledo a été résilié pour non-respect des clauses et l’Onda se charge de le poursuivre en justice. Il devra rembourser cet argent». Autre film qui ne sera pas montré alors qu’il a bénéficié de l’aide de «Alger, capitale de la culture arabe 2007» est Délice Paloma de Nadir Moknache. M.Aït Oumeziane précise: «A ce jour, nous n’avons reçu aucune copie en langue arabe.» S’agissant de l’ouverture de cette manifestation, celle-ci aura lieu le jeudi 20 mars, en présence de la ministre de la Culture.
Cette rencontre s’achèvera par la projection du film Premier pas en hommage à feu Mohamed Bouamari. Par ailleurs, durant la semaine, on prévoit la tenue de deux conférences sur le cinéma.
La première intitulée ‘’La relation entre le cinéma et le patrimoine dans toute sa largeur’’, organisée le 24 mars par l’Association des producteurs audiovisuels algériens, et la seconde sous le titre ‘’L’état du cinéma algérien’’, par l’Association des réalisateurs professionnels algériens (Arpa), le 25 mars, laquelle espère réunir un ensemble d’acteurs de la scène cinématographique algérienne.
A l’issue de «Panorama du cinéma», un jury présidé par le cinéaste Mohamed Chouikh, le réalisateur palestinien Michel Khelifé et le critique et cinéaste marocain, Mohamed Bouraba, dans les catégories longs métrages, films documentaires et téléfilms et courts métrages, remettra des distinctions aux lauréats.
Parmi les noms des membres du jury, on aura noté aussi celui de l’auteur de Les silences du palais, la cinéaste tunisienne, Moufida Tlatli, Abdelhamid Bourayou, Nadira Laggoune, le Marocain Ali Ayadi, Malek Aït Aoudia, le journaliste Ameziane Ferhani etc.
O. HIND
donc la projection du film mel watni c est a partir du 230mars a inb zeidoune
c est la bande annonce du film mel watni
http://www.dailymotion.com/video/x4e83a_trailermw_people
http://www.dailymotion.com
salah aougrout tout sim^lement sublime dans mel watni
La solidarité doit faire partie des idées et des valeurs centrales de la plupart des individus.
Le film Mel watni, de la réalisatrice Fatima Belhadj, a été présenté en avant-première, samedi soir à la salle El Mougar (Alger), dans le cadre de la manifestation ‘’Alger, capitale de la culture arabe 2007’’. La projection en avant-première de ce film, s’est déroulée en présencede de la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, de membres du corps diplomatique accrédité à Alger, de cinéastes, d’hommes de l’art et du spectacle, ainsi que de nombreux journalistes. Le film de fiction, d’une durée de 1h40, produit par la société Louna Vision, évoque les rapports humains, la violence mais aussi la générosité et la solidarité, notamment au sein de la famille. La solidarité est un fait social. Comme à tout être de bonne volonté, la solidarité semble plus sympathique, plus humaine, plus positive que son contraire. Mais si tout le monde était d’accord sur ce point, chacun serait solidaire de tous, il n’y aurait ni guerre, ni misère, ni inégalités, ni domination, ni ségrégation, ni violences, ni exclusions. Dans ce long métrage, une pléiade de nouvelles figures du cinéma, aux côtés des acteurs professionnels, tels que Chafia Boudraâ, Amel Himeur, Saliha Kerbache et Nidhal, ont réussi à pénétrer au fin fond de la société algérienne qui a tant enduré. L’histoire relate la souffrance d’une famille qui vit dans un quartier de la Casbah, et constituée principalement de femmes.
Ces dernières exploitent leur maison comme une petite usine de pâtes traditionnelles (couscous, rechta, trida...). pour survivre à la misère de tous les jours. Entre autres, c’est toute la société algérienne, dans le contexte difficile des années 90 qui est passée en revue. Réalisatrice, scénariste et journaliste, Fatima Belhadj a suivi un cursus à l’Ecole nationale d’art dramatique de Bordj El Kiffan (Alger), avant d’intégrer le cinéma dans le film La Citadelle, de Mohamed Chouikh, qui lui a permis d’obtenir le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Damas (Syrie).
Elle a ensuite joué dans plusieurs téléfilms dont El Mektoub de Baya Hachemi, tout comme elle a interprété des rôles dans plusieurs pièces de théâtre dont La Maison de Bernarda Alba, mise en scène par Allal El Mouhib, d’après l’oeuvre de Frédérico Garcia Lorca, Wast eddar, une représentation qui tourne autour de la littérature algérienne, mise en scène par Ziani Chérif Ayad. Fatima Belhadj, dont Mel watni est le premier long métrage en tant que réalisatrice, a, par ailleurs, présenté plusieurs émissions culturelles pour la Radio nationale. Elle a été aussi membre du jury dans plusieurs festivals de cinéma, entre autres, le Festival du film francophone de Namur (Belgique) et le Festival du cinéma africain de Milan (Italie).
Le principe du message est que la solidarité doit faire partie des idées et des valeurs essentielles de la plupart des individus.
Chacun devrait, non seulement savoir de quoi il s’agit, mais y croire fermement, y rattacher une partie de son identité et de son estime de soi, sentir que lorsqu’il se montre solidaire, il est en accord avec la culture de son groupe d’appartenance et n’apparaît pas comme un naïf, mais comme une personne généreuse et sensée.
Idir AMMOUR

Mel Watni, quand le quotidien
d’une famille raconte la tragédie algérienne
- A travers la réalisation de ce premier long métrage, Fatima Belhadj avait pour ambition de mettre sur grand écran les raisons profondes qui ont mené toute une nation à la tragédie et tout un peuple à vivre des années sanglantes
La salle El Mouggar a accueilli, samedi soir, la projection de Mel Watni, le premier long métrage de Fatima Belhadj, en présence de la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, de membres du corps diplomatique accrédité à Alger, de cinéastes, d’hommes de l’art et du spectacle.
D’une durée de 1h40, le long métrage, produit par la société Louna vision, évoque la tragédie qui a marqué l’Algérie durant les années 1990 à travers le prisme d’une famille modeste composée essentiellement de femmes.
Les spectateurs sont conviés à suivre la longue descente aux enfers de la famille El Batoul, une veuve qui vit avec ces cinq filles, son fils unique attardé mental Tamani et une vieille personne sans ressources qui a été recueillie par cette famille.
Il est à saluer le talent de Chafia Boudraa qui campe le rôle de la mère aux côtés, entre autres, des comédiennes Amel Himeur, Saliha Kerbache et Nidhal.
Afin de subvenir aux besoins de la famille, la veuve vend au marché des pâtes traditionnelles (couscous, rechta, trida…) préparées par ses propres filles qui attendent vainement leur «mektoub», le prince charmant qui les libérera d’un quotidien insipide.
A travers le huis clos de ces femmes, le film dresse un terrible tableau de la violence à tous les niveaux, une violence qui ensanglante le pays mais aussi une autre, terrible, intestine, celle de «l’enfermement physique, social, sexuel, symbolique. L’univers est simplement carcéral» tel qu’il est écrit dans le synopsis du film.
Le contexte tragique des années quatre-vingt-dix, apparaît d’abord par petites touches : des sirènes d’ambulances ou de voitures de police, des cris qui résonnent à travers les murs, le récit du rescapé d’un attentat.
Puis l’actualité va pénétrer au cœur de la demeure familiale lorsque El Batoul recueillera une jeune fille séquestrée, puis relâchée par les terroristes. Cette générosité, la famille d’El Batoul va la payer très chèrement. Le spectateur, qui partageait les joies, les colères, les peines et les préoccupations de ces femmes enfermées dans leur quotidien sans perspectives, est brusquement plongé au cœur de la tragédie avec des images d’une violence inouïe. Malgré le destin horrible de cette famille, une petite lueur d’espoir demeure car la plus jeunes des sœurs, qui est étudiante, avait pris son destin en main en fuguant avec son amoureux et a pu ainsi échapper au sort cruel qui a frappé sa famille.
A travers la réalisation de ce premier long métrage, Fatima Belhadj avait pour ambition de mettre sur grand écran les raisons profondes qui ont mené toute une nation à la tragédie et tout un peuple à vivre des années sanglantes. Lors de l’avant-première qui s’est déroulée au mois de septembre dernier, la réalisatrice avait expliqué que «Mel Watni, le titre de mon film, renvoie à cette tragédie nationale qu’on a vécue, cette violence extrême qu’on a tous subie». «Je voudrais dire que quelque part nous avons une grande part de responsabilité, on est tous responsables. On est appelé à revoir nos comportements, notre façon de voir les choses, d’aimer les autres et de les accepter tels quels. C’est comme ça qu’on pourra arrêter ce qu’on est en train d’endurer. Ce n’est surtout pas des décisions politiques qui vont l’arrêter», ajoutera la cinéaste.
S. B.
L’actrice Soumia Bendekoum au Jour d’Algérie
Elle n’est plus cette femme anonyme des spots publicitaires mais une étoile du cinéma algérien. Aux yeux des spécialistes, cette graine de star qui se nomme Soumia est une étoile venue s’ajouter au ciel du 7e art algérien. Elle s’est imposée parmi le panel des actrices de la nouvelle génération telles Amel Himer, Nidhal Bouhecine, Salima Laâbidi, Fatiha Nesrine ou Louisa Tinhinane qui ont splendidement marqué nos deux écrans par leur talent conjugué au naturel simple. Cette actrice de talent a su mener ses grandes mutations depuis les spots télévisuels jusqu’au grand écran, en passant par les feuilletons. Soumia Bendekoum, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a pu même braver la vedette à ses consœurs dans le film sensation 2007, Mel Watni, qui sortira demain. Retenez bien ce nom forgé par l’œil alerté de cet autre grand nom des longs-métrages, Fatiha Belhadj. Une star des écrans est née !
Propos recueillis
par Fouad O.
Pour un premier long-métrage, quel sentiment vous a inspiré le chef- d’œuvre Mel Watni que vous avez monté avec la grande Fatima Belhadj?
C’est une expérience fort intéressante et fort instructive en enseignement qui m’a ouvert grands les yeux et les portes du monde du cinéma. C’était aussi une expérience fort émouvante. Pourquoi ? Parce que, je ne vous le cache pas, nous avons vécu, acteurs et actrices, l’histoire avec plein d’émotions sincères. Le scénario était tellement captivant qu’il ne passait pas une scène où l’on n’a pas pleuré en tant qu’artistes. L’équipe du tournage ne cessait d’applaudir les scènes qui défilaient sur les plateaux que nous avons tournés.
Croyez-moi c’était si réel comme expressions sentimentales que l’on oublie parfois nos propres prénoms. On a fini par adopter les personnalités qu’on incarnait dans nos rôles respectifs. Vous allez être surpris en voyant le film. C’était plus que parfait, très profond ! Cela n’était pas chose aisée mais, c’est grâce à une dame qui a l’art et la manière d’extérioriser les profonds sentiments de chacun que nous avons réalisé ce succès. Ça nous a vraiment aidés et marqués. Je ne remercierai jamais assez Mme Fatima Belhadj que je salue au passage et lui souhaite pleine réussite.
Comment Mme Belhadj vous a accueillie en tant que débutante au 7e art et comment vous êtes-vous intégrée dans le groupe d’actrices de talent comme les célè-bres Chafia Boudraâ, Fatiha Nesrine, Salima Lâabidi et Amel himer…?
Avec une humble expérience à la télévision avec le feuilleton Hadath wa hadith diffusé deux ans de suite et dans lequel j’ai participé dans plusieurs rôles de sœur, d’épouse, de mère, de grand-mère, de femme travailleuse, etc. C’était pendant le ramadan 2005 avec le réalisateur Mohamed Oukaci et en 2006 avec Mme Belhadj. Dans ce feuilleton de 30 épisodes, j’ai réussi à jouer 30 rôles différents.
Des avis encourageants m’ont donné la volonté d’accepter le rôle de Safia. En bonne connaisseuse de personnalités et des capacités, elle a fait appel à moi. Je n’en croyais pas mes oreilles quand Mme Belhadj m’a proposé le rôle. Au début, j’avais peur. Mais sa confiance m’a aidée.
Elle m’a jugée bonne pour ce rôle et je le lui ai bien rendu en faisant de mon mieux pour entrer dans le scénario, pour plaire et être à la hauteur de la confiance mise en moi. Dieu merci, j’ai pu satisfaire, voire surprendre, sous l’égide de ses orientations bien entendu et les conseils de Lalla Aïni (Chafia Boudraâ ou El Bathoul dans le film, ndlr) qui ne ménage aucun effort pour aider par son savoir-faire et son grand talent. J’étais moi-même surprise de Safia, le rôle que j’ai joué.
La réalisatrice Mme Belhadj ainsi que toutes les actrices m’ont applaudie et m’ont beaucoup encouragée. J’étais très vite intégrée parmi des actrices de talent, que j’admirais en tant que téléspectatrice car l’ambiance était très conviviale et les bonnes conditions de tournage ont beaucoup aidé à faire un produit de qualité. Je ne m’étais à aucun moment sentie étrangère à cette famille de grands artistes. Nous devons tout à la réalisatrice qui a réussi à réinventer une vraie grande famille habitant Khemis Meliana (lieu du tournage, ndlr). C’était très bénéfique sur tous les plans. Inch’Allah ça plaira au grand public.
Le monde de la publicité vous a aussi aidée à devenir la star que vous êtes, n’est-ce pas ?
Pas tellement. C’est vrai peut-être que quelque part les spots publicitaires que j’ai faits ont été d’un apport psychologique dans le sens de pouvoir me familiariser avec les caméras, les projecteurs et certaines exigences du tournage sans plus.
Puisque la publicité ne vous donne pas l’occasion de vous exprimer et partant démontrer de quoi l’acteur est capable pour transmettre un message. La publicité qui demeure un art repose sur l’imagerie, c’est-à-dire la beauté de l’image.
Le message est matérialisé par la vulgarisation d’un produit palpable, concret et non basé sur un scénario et un dialogue.
Or, le tournage d’un film repose sur l’expression multiple de ou des acteurs dont l’ensemble des mouvements, du dialogue de l’interactivité entre eux avec des sentiments donne un produit dont le décor est un élément fondamental du message à transmettre.
Pour répondre clairement à votre question, j’ai fait école à Hadath wa hadith, produit par la télévision algérienne, mon diplôme c’est la confiance des réalisateurs et la reconnaissance c’est leur satisfaction.
Vous êtes jugée sur pièce, si j’ose dire ?
Absolument, au début j’étais hésitante et à un moment c’est le déclic. Tout le monde m’attendait sur scène. Les bonnes remarques et autres observations réconfortantes de la réalisatrice m’ont délivrée de toutes les hésitations. Toutes les peurs se sont dissipées sous les applaudissements de mes collègues.
Vous dissimulez une graine de star, Mme Soumia Bendekoum?
J’essaye de ne pas décevoir. Je me donne à fond dans mon travail et je prends tout au sérieux. En regardant les efforts que fournit la réalisatrice pour gérer tout un plateau où plusieurs personnes sont devant et derrière les caméras, il y a de quoi exploser de fierté et suivre le bon exemple tout en pensant à faire un tant soit mieux le travail qu’on me demande de faire. Je suis très naturelle, c’est tout…
Quelle est la scène qui vous a le plus attristée ?
Ah, oui ! J’ai gravé en mémoire la scène quand ma mère me tirait par les cheveux pour me traîner au milieu de la maison par colère, sans avoir fait aucun mal.
Quand Lalla Aïni se met en colère, elle fait vraiment peur. En comprenant la déchéance d’une mère échaudée par tous les malheurs de la vie d’une veuve qui a à charge cinq filles exposées à tous les dangers et un seul garçon ne donne certainement pas la joie. On avait à peine perdu notre père (dans le film), après quelques mois seulement, j’ai teint mes cheveux, ma mère n’a pas aimé et elle a trouvé l’estocade pour m’acculer et me blâmer de ne pas respecter la mémoire du défunt. C’était très émouvant d’autant que
Mme Chafia Boudraâ a un cœur plein d’émotion et elle joue vrai. Ça nous a fait beaucoup pleuré et personnellement j’étais profondément touchée.
Ça vous a-t-il remué de tristes souvenirs ou êtes-vous susceptible devant ce genre de
scène ?
Non pas spécialement, je suis très sensible à ce type de scènes courantes dans la vie de tous les jours. J’ai la larme facile, comme on dit. Mais j’ai affectionné le rôle de Safia au point de croire à la fiction.
Y a-t-il d’autres scènes tristes ?
Quoique le film soit totalement tragique, la scène de ma mort m’a beaucoup touchée et là je n’en pouvais plus, j’ai éclaté en sanglots.
Parce que c’est la fin de ton rôle ?
La scène vient vers la fin du long-métrage, ce n’est pas le problème. J’étais tellement émue que j’ai même pleuré après le tournage pendant le visionnage. Les applaudissements de l’équipe me donnaient la chair de poule et me faisaient monter les larmes à la gorge !
Et quelle heureuse scène vous a marquée le plus ?
Toujours avec la mère El Batoul, elle commençait à rire de ses tripes quand je me suis mise à lui chanter. Faire rire Chafia Boudraâ, toujours grande et autoritaire, c’est un exploit, il faut le faire…
F. O.