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Mardi 11 Décembre 2007

L’actrice Soumia Bendekoum au Jour d’Algérie
Elle n’est plus cette femme anonyme des spots publicitaires mais une étoile du cinéma algérien. Aux yeux des spécialistes, cette graine de star qui se nomme Soumia est une étoile venue s’ajouter au ciel du 7e art algérien. Elle s’est imposée parmi le panel des actrices de la nouvelle génération telles Amel Himer, Nidhal Bouhecine, Salima Laâbidi, Fatiha Nesrine ou Louisa Tinhinane qui ont splendidement marqué nos deux écrans par leur talent conjugué au naturel simple. Cette actrice de talent a su mener ses grandes mutations depuis les spots télévisuels jusqu’au grand écran, en passant par les feuilletons. Soumia Bendekoum, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a pu même braver la vedette à ses consœurs dans le film sensation 2007, Mel Watni, qui sortira demain. Retenez bien ce nom forgé par l’œil alerté de cet autre grand nom des longs-métrages, Fatiha Belhadj. Une star des écrans est née !
Propos recueillis
par Fouad O.

Pour un premier long-métrage, quel sentiment vous a inspiré le chef- d’œuvre Mel Watni que vous avez monté avec la grande Fatima Belhadj? 
C’est une expérience fort intéressante et fort instructive en enseignement qui m’a ouvert grands les yeux et les portes du monde du cinéma. C’était aussi une expérience fort émouvante. Pourquoi ? Parce que, je ne vous le cache pas, nous avons vécu, acteurs et actrices, l’histoire avec plein d’émotions sincères. Le scénario était tellement captivant qu’il ne passait pas une scène où l’on n’a pas pleuré en tant qu’artistes. L’équipe du tournage ne cessait d’applaudir les scènes qui défilaient sur les plateaux que nous avons tournés.
Croyez-moi c’était si réel comme expressions sentimentales que l’on oublie parfois nos propres prénoms. On a fini par adopter les personnalités qu’on incarnait dans nos rôles respectifs. Vous allez être surpris en voyant le film. C’était plus que parfait, très profond ! Cela n’était pas chose aisée mais, c’est grâce à une dame qui a l’art et la manière d’extérioriser les profonds sentiments de chacun que nous avons réalisé ce succès. Ça nous a vraiment aidés et marqués. Je ne remercierai jamais assez Mme Fatima Belhadj que je salue au passage et lui souhaite pleine réussite.

Comment Mme Belhadj vous a accueillie en tant que débutante au 7e art et comment vous êtes-vous intégrée dans le groupe d’actrices de talent comme les célè-bres Chafia Boudraâ, Fatiha Nesrine, Salima Lâabidi et Amel himer…?
Avec une humble expérience à la télévision avec le feuilleton Hadath wa hadith diffusé deux ans de suite et dans lequel j’ai participé dans plusieurs rôles de sœur, d’épouse, de mère, de grand-mère, de femme travailleuse, etc. C’était pendant le ramadan 2005 avec le réalisateur Mohamed Oukaci et en 2006 avec Mme Belhadj. Dans ce feuilleton de 30 épisodes, j’ai réussi à jouer 30 rôles différents.
Des avis encourageants m’ont donné la volonté d’accepter le rôle de Safia. En bonne connaisseuse de personnalités et des capacités, elle a fait appel à moi. Je n’en croyais pas mes oreilles quand Mme Belhadj m’a proposé le rôle. Au début, j’avais peur. Mais sa confiance m’a aidée.
Elle m’a jugée bonne pour ce rôle et je le lui ai bien rendu en faisant de mon mieux pour entrer dans le scénario, pour plaire et être à la hauteur de la confiance mise en moi. Dieu merci, j’ai pu satisfaire, voire surprendre, sous l’égide de ses orientations bien entendu et les conseils de Lalla Aïni (Chafia Boudraâ ou El Bathoul dans le film, ndlr) qui ne ménage aucun effort pour aider par son savoir-faire et son grand talent. J’étais moi-même surprise de Safia, le rôle que j’ai joué.
La réalisatrice Mme Belhadj ainsi que toutes les actrices m’ont applaudie et m’ont beaucoup encouragée. J’étais très vite intégrée parmi des actrices de talent, que j’admirais en tant que téléspectatrice car l’ambiance était très conviviale et les bonnes conditions de tournage ont beaucoup aidé à faire un produit de qualité. Je ne m’étais à aucun moment sentie étrangère à cette famille de grands artistes. Nous devons tout à la réalisatrice qui a réussi à réinventer une vraie grande famille habitant Khemis Meliana (lieu du tournage, ndlr). C’était très bénéfique sur tous les plans. Inch’Allah ça plaira au grand public.

Le monde de la publicité vous a aussi aidée à devenir la star que vous êtes, n’est-ce pas ?
Pas tellement. C’est vrai peut-être que quelque part les spots publicitaires que j’ai faits ont été d’un apport psychologique dans le sens de pouvoir me familiariser avec les caméras, les projecteurs et certaines exigences du tournage sans plus.
Puisque la publicité ne vous donne pas l’occasion de vous exprimer et partant démontrer de quoi l’acteur est capable pour transmettre un message. La publicité qui demeure un art repose sur l’imagerie, c’est-à-dire la beauté de l’image.
Le message est matérialisé par la vulgarisation d’un produit palpable, concret et non basé sur un scénario et un dialogue.
Or, le tournage d’un film repose sur l’expression multiple de ou des acteurs dont l’ensemble des mouvements, du dialogue de l’interactivité entre eux avec des sentiments donne un produit dont le décor est un élément fondamental du message à transmettre.
Pour répondre clairement à votre question, j’ai fait école à Hadath wa hadith, produit par la télévision algérienne, mon diplôme c’est la confiance des réalisateurs et la reconnaissance c’est leur satisfaction.

Vous êtes jugée sur pièce, si j’ose dire ?
Absolument, au début j’étais hésitante et à un moment c’est le déclic. Tout le monde m’attendait sur scène. Les bonnes remarques et autres observations réconfortantes de la réalisatrice m’ont délivrée de toutes les hésitations. Toutes les peurs se sont dissipées sous les applaudissements de mes collègues.

Vous dissimulez une graine de star, Mme Soumia Bendekoum? 
J’essaye de ne pas décevoir. Je me donne à fond dans mon travail et je prends tout au sérieux. En regardant les efforts que fournit la réalisatrice pour gérer tout un plateau où plusieurs personnes sont devant et derrière les caméras, il y a de quoi exploser de fierté et suivre le bon exemple tout en pensant à faire un tant soit mieux le travail qu’on me demande de faire. Je suis très naturelle, c’est tout…

Quelle est la scène qui vous a le plus attristée ?
Ah, oui ! J’ai gravé en mémoire la scène quand ma mère me tirait par les cheveux pour me traîner au milieu de la maison par colère, sans avoir fait aucun mal.
Quand Lalla Aïni se met en colère, elle fait vraiment peur. En comprenant la déchéance d’une mère échaudée par tous les malheurs de la vie d’une veuve qui a à charge cinq filles exposées à tous les dangers et un seul garçon ne donne certainement pas la joie. On avait à peine perdu notre père (dans le film), après quelques mois seulement, j’ai teint mes cheveux, ma mère n’a pas aimé et elle a trouvé l’estocade pour m’acculer et me blâmer de ne pas respecter la mémoire du défunt. C’était très émouvant d’autant que
Mme Chafia Boudraâ a un cœur plein d’émotion et elle joue vrai. Ça nous a fait beaucoup pleuré et personnellement j’étais profondément touchée.

Ça vous a-t-il remué de tristes souvenirs ou êtes-vous susceptible devant ce genre de
scène ?
Non pas spécialement, je suis très sensible à ce type de scènes courantes dans la vie de tous les jours. J’ai la larme facile, comme on dit. Mais j’ai affectionné le rôle de Safia au point de croire à la fiction.

Y a-t-il d’autres scènes tristes ?
Quoique le film soit totalement tragique, la scène de ma mort m’a beaucoup touchée et là je n’en pouvais plus, j’ai éclaté en sanglots.

Parce que c’est la fin de ton rôle ?
La scène vient vers la fin du long-métrage, ce n’est pas le problème. J’étais tellement émue que j’ai même pleuré après le tournage pendant le visionnage. Les applaudissements de l’équipe me donnaient la chair de poule et me faisaient monter les larmes à la gorge !

Et quelle heureuse scène vous a marquée le plus ?
Toujours avec la mère El Batoul, elle commençait à rire de ses tripes quand je me suis mise à lui chanter. Faire rire Chafia Boudraâ, toujours grande et autoritaire, c’est un exploit, il faut le faire…
F. O.

publié par mimouna dans: melwatni
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